De l'entretien au domicile d'un ancien marinier à l'exposition itinérante en mairie, nos programmes couvrent l'intégralité du cycle patrimonial : collecter, conserver, documenter et diffuser.
Relevé photographique des vestiges portuaires sur les anciens quais de Floirac — un travail de terrain méthodique, saison 2025.
Au quotidien, notre travail se passe souvent loin des regards : dans le salon d'un ancien docker de 82 ans qui sort de son buffet une liasse de photos jaunies, dans notre local où une bénévole retranscrit pendant des heures l'enregistrement d'une femme de marinier qui décrit l'odeur du goudron et le bruit des treuils, ou encore sur les berges par un matin de novembre où l'un de nos membres cartographie les derniers bollards d'amarrage avant qu'un chantier de voirie ne les recouvre. C'est un travail humble, méthodique, exigeant — et irremplaçable.
Lorsqu'une famille nous confie une caisse de documents — carnets de bord, contrats de chargement, photographies de fête de la Saint-Nicolas des mariniers — nous procédons à un inventaire détaillé, à la numérisation haute définition de chaque pièce, et à leur référencement dans notre base de données. Les originaux sont conservés selon les normes archivistiques, et des copies numériques sont remises à la famille. Ce double souci de conservation et de partage est la colonne vertébrale de notre démarche : les archives appartiennent au territoire, et notre rôle est de les garder accessibles pour ceux qui voudront, dans dix ou cinquante ans, comprendre ce que fut le port de Floirac.
Un programme continu de collecte de témoignages auprès des anciens travailleurs du port et de leurs familles.
Nos bénévoles formés à l'enquête ethnographique se rendent au domicile des témoins ou les accueillent dans notre local pour des entretiens enregistrés de une à trois heures. Chaque récit explore les pratiques de travail, les saisons du fleuve, les noms des bateaux, les hiérarchies du port et la vie quotidienne des familles de mariniers. Les enregistrements sont intégralement transcrits, indexés par thème et par période, puis versés dans notre fonds d'archives consultable sur rendez-vous.
Un relevé systématique photographique et documentaire des berges de Floirac, comparant l'état actuel aux archives historiques.
En croisant les cartes cadastrales anciennes, les fonds photographiques des Archives Départementales et les clichés de nos bénévoles, nous produisons des dossiers de site pour chaque section de quai entre le bac de Floirac et la zone industrielle de Bassens. Ces dossiers identifient les vestiges encore visibles — bollards, pavés de quai, traces de rampes de mise à l'eau — et les resituent dans leur contexte d'usage historique. L'ensemble est mis à disposition des chercheurs et des services patrimoniaux de la métropole.
Des ateliers pédagogiques en milieu scolaire qui font dialoguer archives et témoins vivants.
Chaque année, nous intervenons dans quatre à six classes du primaire et du collège à Floirac pour des séances de deux heures au cours desquelles les élèves examinent de vraies photographies d'archives, manipulent des outils de quai anciens et, dans la mesure du possible, rencontrent un ancien du port en chair et en os. Les enseignants reçoivent un dossier pédagogique complet que nous élaborons avec l'inspection académique. Ce programme est entièrement gratuit pour les établissements et financé par nos subventions communales.
Nous produisons des expositions itinérantes et des cahiers documentaires pour diffuser notre travail au plus grand nombre.
Notre exposition permanente en panneaux, « Floirac au bord du fleuve — un siècle de vie portuaire », a été présentée dans une dizaine de communes girondines depuis 2014. Nous publions également des cahiers thématiques tirés à plusieurs centaines d'exemplaires, distribués dans les bibliothèques et médiathèques du réseau Bordeaux Métropole. Le dernier numéro, consacré aux familles de gabarriers qui habitaient les corons du quai de Brazza, a été épuisé en moins de trois mois.